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Jan Vereecke à propos de la 'Night of the Proms'
Bien gagner sa vie tout en s’amusant et en sabrant les bouteilles de champagne en compagnie de stars mondiales : mission impossible ? Peut-être, mais si Tom Cruise y est arrivé, il ne doit pas être le seul. Jan Vereecke et Jan van Esbroeck, surnommés les ‘Jannen’ du Sportpaleis d’Anvers, gèrent la plus grande salle de concert du pays ; les deux compères ont lancé la ‘Night of the Proms’ alors qu’ils portaient encore des culottes courtes.
Faire la fête tous les jours au Sportpaleis. Un vrai job de rêve ?
Je ne dis jamais que je vais au travail. Mon activité est trop plaisante. Ma belle-mère dit que les enfants ne m'ont jamais vu travailler parce que c'est toujours la fête avec moi.

Comment avez-vous eu l’idée saugrenue de proposer de la musique classique à des étudiants ? Une soirée new wave n'était-elle pas plus indiquée en 1984 ?
Cela ne nous intéressait pas. Nous avions tous les deux étudié les sciences économiques appliquées à l’Ufsia. L'Unifac, le cercle estudiantin qui organisait alors des activités bien gentilles le midi, avait déjà caressé l'idée de proposer de la musique classique. De notre côté, nous la voyions sous la forme d'un spectacle comme la ‘Night of the Proms’ à Londres. Mais l’Unifac trouvait le projet trop ambitieux et surtout trop cher. Nous nous y sommes mis à deux. Nous n’aurons plus jamais une idée aussi géniale.
'Ma mère ne trouvait pas cela drôle du tout.'
Avez-vous dû surmonter beaucoup d’écueils?
De nombreux sponsors nous ont claqué la porte au nez. Projet foireux, selon eux. Et à la maison, ce n’était pas la joie non plus. J’ai laissé tomber mon job chez Procter & Gamble pour m’investir à fond dans les ‘Proms’. Ma mère ne trouvait pas cela drôle du tout.
Pourquoi étiez-vous si sûrs de réussir ?
C’était loin d’être le cas (rigole).
Pour préparer les premières ‘Proms’, nous avions organisé deux concerts pour nous constituer une cagnotte. Mais au lieu de cela, nous avions creusé un trou ! Je me suis alors dit : ‘Si cela ne marche pas, je me chercherai un job pour rembourser ma part des factures’. Mais le succès était au rendez-vous, avec un public de 13 500 personnes.
Vous en êtes maintenant à la 25e édition. Vous n’en avez pas fait le tour ?
Non, j’en redemande ! Je me rappelle encore des sensations vécues en 2002 quand The Pointer Sisters chantaient ‘I’m so excited’. L’énergie que l’on reçoit en entendant un tel tonnerre d’applaudissements est incroyable.
Les budgets des ‘Proms’ n'ont pas cessé de gonfler au fil des ans. À quel niveau se situent-ils à présent ?
Certains grands noms sont plutôt chérots comme Sting, James Brown et Joe Cocker. Ils nous ont coûté 1 million de dollars pour leurs concerts. Une tournée complète de 40 concerts revient à 10 millions d'euros. Nous vendons au total un demi-million de tickets.
Vous prenez parfois le temps de souffler ?
Pas vraiment. Je me demande ce que je pourrais faire d’autre toute la journée…
Gardez-vous des contacts avec les artistes après leur passage ?
Une collaboration de ce type ne peut pas faire naître de véritables amitiés. Mais je corresponds encore avec certains artistes, nous nous envoyons des photos de nos enfants, etc. C’est réconfortant de voir que la plupart des artistes gardent les pieds sur terre.
Gardez-vous toujours votre sang-froid quand des superstars émettent de folles exigences ?
Un jour, Joe Cocker, en route pour le concert, me téléphone pour me demander de m'assurer que sa bière serait bien froide. La veille, il l'avait trouvée un peu tiède. Revendication légitime, non ? Qui aime boire une bière tiède ?
Travailler pour la NOTP ?
- 500 collaborateurs temporaires et permanents par soirée de concert.
- Bénévoles et membres d’associations pour travailler derrière le bar, comme hôtesses/stewards en salle et sur les parkings.
Intéressé(e) ? Envoyez un e-mail à info@neuropia.be
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